premièrement

prolegomena

(quelques extraits)

samedi 6 février 2016

à la recherche d’un nom

Je suis entré dans un labyrinthe étroit, et au bout de quelques pas j’y ai rencontré un homme assis derrière une table ; sur celle-ci, un petit écriteau où y était très sobrement inscrit un mot, « archiviste » ; l’homme demanda mon nom, mais je ne pus le lui fournir, et pour quelle raison d’ailleurs, puisqu’il était le premier humain que je voyais de toute ma vie et jamais l’idée de me nommer ne m’est venue à l’esprit ; jamais ! Quel intérêt, personne n’eut à exprimer un quelconque nommage de ma personne auparavant ? Comment voudriez-vous que je me nomme ? Mais celui-ci insiste, il lui faut absolument un nom pour que je puisse poursuivre mon chemin ; « tous les gens qui entrent ici donnent leur nom, c’est la règle, c’est ainsi ! Votre nom, je vous prie ? » « Mais je vous répète que j’ignore ce nom ! » À quoi pourrait-il bien me servir dans la mesure où personne ne m’appela jadis ? Ironiquement, cette sorte de greffier ajoute qu’il m’interpelle bien lui, en ce moment même, et donc doit écrire mon nom obligatoirement, je dois obtempérer et le lui fournir comme tout un chacun : « tout le monde possède un nom ! », « Ah ! que désirez-vous de plus de moi, je n’en connais aucun, je ne sais pas ce nom ! », je tente de reprendre mon parcours, mais l’archiviste m’arrête de son corps planté devant moi, il ne peut pas me laisser passer, je lui redis « inutile d’insister ! », de nom je n’en ai pas et qu’il marque cela sur la feuille du livre posé sur la table ; mais cela ne peut le satisfaire et l’homme semble bien têtu, jamais je ne rencontrai précédemment un tel obstacle en face de moi, un individu obstiné à réclamer un nom, pour quelle raison ? Puisque personne n’eut à me héler ; mais il n’arrive pas à me comprendre, il veut un nom ! Alors, ne voyant pas d’autre solution je lui demande d’inscrire sur la feuille, celle du livre posé sur la table, le nom qui lui convient, cela m’est égal… mais d’après lui, c’est bien moi qui dois décider du nom à signifier ; je lui réplique « avez-vous un nom vous ? » À cette question il ne réagit même pas, il ne désire parler que de moi ; il doit mettre un nom que je posséderais, semble-t-il, mais je l’ignore ! et cela me paraît bien futile d’insister de la sorte ; pourquoi s’obstine-t-il ?

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prolégomènes

roman tourments naufrage
envies et espérance
d’un autre lui

İl était un enfant irréaliste, né de la conception de son maître, improbable et sans émotion.
Du jour au lendemain, il devint un de ces monstres d’envie que le monde redoute et son créateur n’eut de reste qu’un désir : le voir détruire le château de sable de ses démons.
İl ne détenait, pour son aisance, qu’une pauvre esquive, à peine cette force des muscles qui vous font casser de ces vitrines où les masques tombent, comme ces têtes en forme d’entonnoir, massacrées frénétiquement à la foire. C’était un idolâtre, un vent futile sans émoi, une figure de style, une arabesque sans bons sentiments, une vague aubaine…
Jadis, dans les contrées du bout du monde, il se racontait qu’un étrange être eut ravagé les terres australes à coups de bottes et de chagrins. Les poseurs affirmaient à propos de ses méfaits « ce sont de viles digressions faites de gestes impromptus », précieux mots inattendus qui ne vous donnent pas le moral…

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