troisièmement

ajoutements

(quelques extraits)

mardi 16 octobre 2018

interaction

(texte électronisé - le 14 septembre 2018 à 10:14)

Philosophia vitae
discours du vieux savant

De l’interaction des corps entre eux, le sociologue vous dira qu’il s’agit de l’influence de tout un chacun envers les autres et réciproquement. À propos de cela, on peut distinguer deux types d’influences, l’une plutôt physique, instinctive, innée, inconsciente qui s’exerce sans que l’on fasse quoi que ce soit ; l’autre, plus insidieuse, sera celle purement opportuniste d’une entité complexe (un lion par exemple) ; il étudiera la meilleure manière de vous bouffer, puis passera à l’action à un moment choisi, et vous réagissez ! C’est une interaction, un réflexe, une réaction, une forte dépense énergétique momentanée, une relation de cause à effet ; les énergies suscitées laisseront au final, une information, un résultat ; la réponse éventuelle à ce pari, de qui sera mangé ? Qui survivra ? La réponse laissera une trace indélébile…

Le savant vous dira autrement de l’influence des corps entre eux : elle ne s’exerce qu’à travers la confrontation de force physique entre elles ; à tout moment, il y aura la recherche d’un point d’équilibre qui permettra à ces forces de se stabiliser. La rupture d’un de ces équilibres entraîne toujours une réaction adverse pour la contrebalancer. L’annihilation d’un corps sur un autre n’est fonction que de la quantité des énergies mise en action ; celles-ci auront toujours cette tendance à parvenir à un équilibre, à une stabilisation innée de la matière, après chaque rupture ; le calme après la tempête, dans l’attente d’une prochaine perturbation, où les énergies, les forces mises en œuvre n’auront aucun autre besoin : la recherche d’un apaisement. Cela peut prendre du temps, beaucoup de temps ; voyez cette étoile brûler tout son hydrogène, elle mourra un jour quand plus aucune goutte de son carburant ne pourra l’allumer. Voyez deux armées s’affronter ; la tension s’apaisera à la faveur d’une victoire de l’un ou de l’autre, c’est selon la haine des protagonistes et de l’obéissance des soldats serviles des deux camps, par on ne sait quelle acceptation, ils tolèrent réciproquement de se trouer la peau, dans un meurtre réciproque, à la recherche d’un équilibre aussi, vaincre ou mourir.

« Tout n’est qu’interaction », vous dirait l’observateur qui étudia cela de près. Tout le problème d’un individu se situe « entre » ce paradigme : tuer ou être tué, vivre ou mourir, manger ou périr, avancer ou s’arrêter, quoi que je fasse, autour de moi, au moindre de mes pas, à la moindre de mes respirations, des choses réagissent à mon action ; même dans mon inaction, il se produit des réactions, un petit phénomène entropique ne cesse de dégrader ma personne ; quoi que je fasse, je ne pourrais me maintenir indéfiniment, on appelle cela le vieillissement et je ne puis faire autrement que d’accepter à un moment ou un autre la fatalité de cet épuisement. Une interaction a eu lieu, vous vous sentez dégradés ? Mais non, les forces de l’univers ont appliqué un principe qui tend à les stabiliser dans une recherche d’équilibre permanente et sans cesse perturbé jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune énergie à chacun des protagonistes pour interagir avec les autres ; oui plus d’énergie ! Toute manifestation de la matière engendre une perte de son énergie quelque part ; tout agissement de notre part obéit à cette même loi, une perte de quelque chose, toujours une perte pour le maintien d’un équilibre ; et chose surprenante, la recherche de cet équilibre laisse un petit message : « souvenez-vous, hier nous interagissions entre nous jusqu’à trouver un point d’accord ». Un petit message, oui : « souvenez-vous de l’éclat de l’étoile qui illuminait le ciel par ici, des particules partisanes de cet éclat se sont évadées et naviguent à travers l’univers pour vous apporter cette information, qu’une étoile est née quelque part et puis s’est éteinte ; nous, la lumière, témoignons de son existence… » Il semblerait que cette information ne veuille pas mourir par on ne sait quel mystère ; certains affirment que cette information d’une présence disparue, dégradée, persistera à jamais dans les fins fonds d’un univers se diluant, dépérissant sans cesse, jusqu’à brûler jusqu’au bout le moindre de ses carburants, celui-là même qui le fit naître, ne laissant au bout du compte que l’information de sa présence, voyageant éternellement dans un refroidissement soutenu et grandissant.

Quelque part, nous reproduisons cette volonté de laisser une information, une trace de notre présence, nous obéissons à cette loi plus que génétique, puisque apparemment universelle ; laisser une trace de ce qui a été ! C’est cela, la trace de vos romans, de vos récits : témoigner de ce que l’on a vu, témoigner de la perception que l’on a du monde, témoigner de son malheur, de son bonheur ; toujours témoigner, même en ne disant rien on laisse une trace… Alors vous voyez ?

Voilà ! Nous sommes au creux de cette sorte de dépérissement extrêmement lent, mais irrémédiable. Le vieillissement obéit à ce phénomène d’entropie, il en est la conséquence, le larbin ; rien jamais ne pourra contrarier cette loi agissante, puisque tout l’univers y est contraint ; alors, ces petits savants à la quête d’une vie éternelle, permettez-moi de vous le dire, ils se fourrent le doigt dans l’œil ; mais pas qu’un peu, toute la main, tout le bras, tout le corps y passera, dans la moulinette du temps, celui-ci vous broie lentement mais sûrement ; prétendre un autre possible ressemble à une vantardise vaniteuse. Même Dieu, fussent-ils tout l’univers, obéit à une entité supérieure, plus vaste qu’un univers, comme le nôtre, contraint à ce dépérissement irrémédiable, ce sort n’est ni gai ni triste, il interagit, c’est tout ! Avec quoi ? on n’en sait rien !

mardi 5 décembre 2017

tête rétrécie

Euh ! j’avais la grosse tête auparavant, mais j’ai l’impression maintenant qu’elle a réduit, elle ne contient plus la totalité du chapeau que je mets, elle a rétréci ? Se pourrait-il qu’une peuplade quelconque m’ait jeté un sort ; mes divagations auprès d’eux naguère ne leur convinrent pas, à tel point qu’ils me rapetissent particulièrement du ciboulot, ce serait bien possible ?

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vendredi 4 janvier 2013

robote !

(Lecture drolatique du robote)

À mon robote 21, c’est ainsi que je le nomme, je lui avais demandé de me lire une page d’un de mes écrits qu’il possédait dans sa mémoire électronisée. Il me récita, fort à propos, tout le texte comme il faut, avec une célérité indéniable, ce dont je le remercie, sa bravoure sans faille ; sauf que, voulant bien agir, je suppose, il ajouta à la fin de chaque page, leur numéro, le nombre de caractères, la date de création et celle de modification (ce dont je me fous éperdument) ; puis, les mots familiers qu’il n’aurait pas mis, les corrections d’orthographe qu’il m’a soumise, auxquelles je n’ai pas dit oui, la rancœur qu’il avait quant à cela ; car il me demande de revoir ma position autoritaire à son endroit, ajoute qu’il « craint » pour lui et suinte en lui, ne serait-ce qu’un « bug », qui pourrait le faire disjoncter à l’improviste ?

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male habitus (extrait)

À un homme mal fichu, une voix intérieure s’adresse à lui soudain…
On lui raconte…
On lui dit…

(Indications scéniques : l’homme assis à côté d’une table boit un café fumant ; dessus, de quoi écrire…)

(Voix off : douce et lente)

— Vous voilà bien mal en point, tout mal fichus, votre moral en prend un coup, la vieillesse approche, si nous vous offrions non pas une cure de jouvence, mais un corps sain, où nous lui aurions enlevé toutes les maladies ?

— Hein ! Qui est-ce ? Qui parle dans ma tête ?

— Ne vous inquiétez pas, nous ne vous voulons aucun mal !

— Ah oui, c’est quoi cette embrouille ? Qui est là ?

— N’ayez aucune peur, ne craignez rien, au contraire… Nous vous proposons d’enlever les affections qui s’insinuent en vous…

— Oui… euh ? Je ne comprends pas, pourquoi me parlez-vous dans ma tête ?

— Oh ! votre écoute est perturbée, il ne vous reste qu’une oreille et les sons n’arrivent plus comme avant. Nous avons considéré comme préférable de s’adresser à vous de cette manière.

— Ah ouais ? C’est de la télépathie ?

— Si vous voulez !

— Où vous trouvez-vous ? Où se cache le micro, l’écouteur ?

(Il se retourne et regarde autour de lui…)

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